Introduction
Description
Organisation
Guerres
Armes
Contact
  Les Fourmis  
Organisation Communication/Langage Alimentation Communication

La communication chez les fourmis peut-être de différentes natures :

Chimique, sonore, tactile, visuelle ou sonore.



LA COMMUNICATION CHIMIQUE :


Elle est régie dans la quasi totalité des cas par les phéromones, substances chimiques odorantes, sécrétées par la glande qui occupe une partie de sa capsule céphalique, et que seules les fourmis peuvent sentir; c'est par les antennes (support principal du sens) que les odeurs sont distinguées.

Attouchement d'antennes entre une ouvrière et la reine:

Ce signal chimique est formé d'hydrocarbures cuticulaires, il porte à la fois l'information sur l'espèce, la société, la caste et le stade de développement auxquelles appartiennent les individus rencontrés : C'est une véritable carte d'identité génétique. C'est en sécrétant cette substance qu'une fourmi peut avertir la présence de nourriture ou un danger, ainsi que de sa localisation. Ce système de communication est très sophistiqué :

Par exemple, chez les fourmis tisserandes, lorsqu'une ouvrière a trouvé une source de nourriture, elle ne se contente pas de conduire ses congénères à un emplacement précis, mais elle va en fait utiliser 5 messages différents (chaque message est lui-même un assemblage de signaux de natures différentes) pour préciser le type de cible.

Tracer d'une piste chimique :

A la piste chimique qu'elle trace, la fourmi ajoute une gestuelle particulière, une petite danse ou des attouchements antennaires lors de la rencontre avec une autre fourmi. De ce fait, il y a mise en place de gestuelle particulière (permise par le message chimique laissé par la première ouvrière ayant découvert la nourriture), lors de la rencontre, sur le chemin de la cible tracé chimiquement, d'une fourmi ayant consommé la nourriture et d'une fourmi à la recherche de la nourriture. Ce type de message va impliquer une régurgitation d'une partie de la nourriture de la première fourmi (contenu dans le jabot ou l'estomac social), qui va être consommée par la seconde fourmi, ce qui va permettre à cette fourmi, d'être renseignée sur la nature de la nourriture et de s'empresser d'accourir vers cette cible. Ainsi par ses 2 messages, la rapidité d'exécution est accrue, de même la fourmi est renseignée sur la qualité de la nourriture, ce qui lui permettra d'être aussi renseignée sur la destinée de cette source de nourriture (si la nourriture est destinée aux larves, aux nymphes, ou aux autres stades de développement).

Parfois la communication est encore plus complexe : Elle se déroule par combinaison progressive d'une série de messages chimiques, (comme une phrase qui tire son sens d'une série de mots). En fait, la fourmi, recevant cette série de messages, va progressivement interpréter chaque message, en passant d'état en état dans le seul but d'atteindre un état final attendu par l'expéditeur du message initial.

Prenons par exemple, le cas des fourmis tisserandes, ou le système d'alarme est fondé cette fois sur une série de phéromones porteuses chacune d'un sens particulier:

Lorsqu'une ouvrière tombe sur un ennemi au sein de la colonie, elle libère un mélange de quatre phéromones, qui diffèrent par leurs concentrations dans l'air, ainsi que de leurs vitesses de diffusion.
L'alerte va donc se répandre étape par étape, à mesure de l'arrivée des substances.

- La première substance détectée est un aldéhyde, l'hexanal :
L'attention des fourmis s'éveille et elles agitent leurs antennes dans l'air à la recherche d'autres odeurs.

- Puis leur parvienne l'hexanol (le premier message sous forme alcool):

Les fourmis entrent en alerte et courent dans tout les sens à la recherche du problème.

- Puis arrive l'undécanone:

Cette substance attire les fourmis vers la source, et les portent à mordre tout objet étranger à la fourmilière.

- Puis enfin, plus près du but, elles perçoivent le butylocténal:

Il va augmenter leurs pulsions agressives ainsi que celles de la mort.

D'autres types de messages, en plus des diverses informations sur la nourriture et sur les éventuels dangers, entrent en jeu par l'intermédiaire des phéromones. En effet, la reine, par sécrétion de ces substances, peut inhiber la ponte chez ses filles (qui seront peut-être des futures reine), ainsi que le développement des larves femelles en larves rivales. De même, la caste des soldats, par le même procédé, va véritablement contrôler le nombre de larves destinées à être soldats, en abaissant le pourcentage de futures soldats, si le besoin n'est pas nécessaire.

Par conséquent, dans ces situations, ces substances permettent un véritable ordre et équilibre social, dans le seul but de ne pas entraver la destiné et la réussite de la fourmilière.

Néanmoins, d'autres formes de communications chimiques peuvent intervenir sans l'utilisation de phéromones, comme par l'intermédiaire des déchets fécaux, qui sont porteurs d'une odeur caractéristique de chaque colonie. Chez les tisserandes, elles permettent comme les chiens de marquer leur territoire. On a même constaté, par des expériences, que lors d'un affrontement entre deux colonies différentes, la colonie sera vainqueur dans la quasi totalité des cas, la colonie qui avait marqué le champ de bataille par leurs déjections fécales
.


COMMUNICATION SONORE :


Emission sonore avec organes stridulatoires :

Le signal sonore est à l'origine d'un crissement aigu, dû aux frottements d'un mince grattoir transversal situé sur sa taille, contre un plateau de fines crêtes parallèles, situé sur la surface adjacente de l'abdomen.

Cette stridulation (comme l'ont définie les scientifiques) peut remplir différentes fonctions, selon l'espèce et les circonstances :

- Signal de détresse :

Lorsqu'il pleut, et qu'une ouvrière est en danger (suite à un éboulement des galeries de la fourmilière, par exemple), c'est ce signal de détresse émis par l'ouvrière, et qui se propage dans le sol, qui va permettre l'aide d'autre fourmis. La réception de ce type de message, est perçu par l'intermédiaire des pattes des fourmis, qui sont de véritables détecteurs ultra sensibles aux vibrations du sol, d'ailleurs, on sait que les fourmis réagissent très peu aux vibrations transmises par l'air, celles transmises par le sol sont beaucoup plus efficaces.



- La qualité de l'alimentation :

Il faut savoir que les ouvrières sont très difficiles quant aux choix des végétaux à récolter. Ainsi, dès qu'une fourmi récolteuse repère, par exemple, une feuille désirable, elle se met à "chanter" dans le but d'attirer ses sours, et de les renseigner sur la qualité de la nourriture. En effet, l'intensité de la vibration émise, dépend de la valeur nutritive de la nourriture.



- Un signal de renforcement :
Les fourmis du désert "Aphenogaster", crissent lorsqu'elles ont trouvé un aliment de grande taille, afin d'obtenir l'aide de ses sours.

"Aphenogaster"

 

Emission sonore sans organes stridulatoires :

- Un signal de danger :
Certaines espèces de fourmis, lors d'un éventuel danger, frappent leurs têtes sur un substrat dur, permettant ainsi la propagation d'un message, qui va alerter ses congénères. Pour donner l'alerte, d'autres espèces se servent de leur abdomen pour frapper les parois de la fourmilière. (voir la partie langage
)

La fourmi Camponotus ligniperda, par exemple, frappe le sol alternativement avec les mandibules et l'extrémité de l'abdomen quand elle est dérangée, ce qui excite les congénères qui deviennent beaucoup plus agressifs.


COMMUNICATION TACTILE :


Chez la plupart des espèces, certains types de messages, simples et directes, sont transmis par rapport physique, comme par attouchement, tapotement ou bien, effleurement.

Une grande majorité, de ce type de communication, est réalisée par l'intermédiaire des antennes (qui sont sensibles au toucher). En effet, prenons l'exemple des fourmis tisserandes :

Lorsqu'elles utilisent les larves pour coudre les feuilles entre elles, lors de la construction de la fourmilière, c'est en faisant vibrer l'extrémité de ses antennes autour de la tête de la larve une dizaine de fois, que la larve sécrète de la soie.

Toutefois, la communication par l'intermédiaire des pattes, reste aussi très fréquente et de nature souvent utile. Ainsi, une ouvrière peut amener une autre fourmi à régurgiter de la nourriture liquide en étendant une patte antérieure sur le labium (segment céphalique qui correspondrait à la langue chez l'homme), provoquant de ce fait, un réflexe vomitif dont l'autre fourmi peut profiter.
(=Trophallaxie)


COMMUNICATION VISUELLE :


La communication visuelle qui était une des formes couramment utilisées au stade primaire de l'évolution, est de moins en moins utilisé ; Ceci du fait de l'évolution considérable des fourmis qui implique une communication plus efficace. Cependant certaines espèces s'en servent encore pour des situations bien particulières :

"Danse"

 

- Chez les tisserandes, lorsque la fourmilière veut construire un nouveau nid, chaque fourmi se déplace individuellement sur le pourtour des feuilles, s'arrêtant de temps à autre pour tirer sur le bord. Puis, lorsqu'une fourmi parvient à recourber sa feuille, ceci va être un signe pour les fourmis des alentours (voyant la scène), d'un premier succès, qui va amener les autres fourmis à venir aider. Puis, au fur et à mesure que la feuille se recourbe un nombre croissant de fourmis vont venir donner de l'aide. (voir photographies)

- Chez d'autres espèces, lorsque une ouvrière tombe sur de trop grosses graines, elle tourne frénétiquement autour de celle-ci jusqu'à ce que d'autres ouvrières la voient.


CONCLUSION :


Ainsi la fourmi utilise de nombreux types de communication, comme la communication sonore, visuelle, et tactile ; Cependant elles restent du point de vue de l'efficacité très négligeables comparées à la communication chimique.

En effet, d'après les estimations, les fourmis utilisent en moyenne entre 10 et 20 "mots" et "phrases" chimiques différents, chacun porteur d'un sens précis, mais aussi très large.

Parmi ces catégories de sens, on a pu distinguer :

L'attraction, le recrutement, l'alerte, l'identification des autres castes, la reconnaissance des différents stades de développement, et enfin la discrimination entre fourmis et congénères.

C'est cette richesse des messages qui a permis cette réussite exemplaire

 
© Tout droit réservé par G@f